TOURNENT LES VIOLONS
( Jean-Jacques Goldman )
Tournent les violons
Grande fête au château il y a bien longtemps
Les belles et les beaux, nobliaux, noble sang
De tout le royaume on est venu dansant.
Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons…
Grande fête aux rameaux et Manon a seize ans
Servante en ce château comme sa mère avant
Elle porte les plateaux lourds à ses mains d'enfant.
Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons…
Le bel uniforme, oh le beau lieutenant
Différent des hommes d'ici blond et grand
Le sourire éclatant d'un prince charmant.
Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons…
Redoublent la fête et les rires et les danses
Manon s'émerveille en remplissant les panses
Le bruit, les lumières, c'est lui qui s'avance.
Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons…
En prenant son verre auprès d'elle il se penche
Lui glisse à l'oreille en lui frôlant la hanche :
"Tu es bien jolie" dans un divin sourire.
Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons…
Passent les années dures et grises à servir
Une vie de peines et si peu de plaisir
Mais ce trouble là brûle en ses souvenirs.
Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons…
Elle y pense encore et encore et toujours
Les violons, le décor, et ses mots de velours
Son parfum, ses dents blanches, les moindres détails.
Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons…
En prenant son verre auprès d'elle il se penche
Lui glisse à l'oreille en lui frôlant la hanche
Juste quatre mots, le trouble d'une vie
Juste quatre mots qu'aussitôt il oublie…
Tournent les vies oh tournent et s'en vont
Tournent les violons…
Elle y pense encore et encore et toujours…