REPONDEZ-MOI
( Francis Cabrel )
Je vis dans une maison sans balcon, sans toiture
Où y a même pas d'abeilles sur les pots de confiture
Y a même pas d'oiseaux, même pas la nature
C'est même pas une maison.
J'ai laissé en passant quelques mots sur le mur
Du couloir qui descend au parking des voitures,
Quelques mots pour les grands
Même pas des injures,
Si quelqu'un les entend
Répondez-moi,
Répondez-moi…
Mon cœur a peur d'être emmuré entre vos tours
de glace,
Condamné au bruit des camions qui passent.
Lui qui rêvait de champs d'étoiles, de colliers de jonquilles
Pour accrocher aux épaules des filles.
Mais le matin vous entraîne en courant vers vos habitudes
Et le soir, votre forêt d'antennes est branchée sur la solitude.
Et que brille la lune pleine
Que souffle le vent du sud
Vous, vous n'entendez pas.
Et moi, je vois passer vos chiens superbes aux yeux de glace
Portés sur des coussins que les maîtres embrassent.
Pour s'effleurer la main, il faut des mots de passe,
Pour s'effleurer la main
Répondez-moi,
Répondez-moi…
Mon cœur a peur de s'enliser dans aussi peu
d'espace
Condamné au bruit des camions qui passent.
Lui qui rêvait de champs d'étoiles et de pluies de jonquilles
Pour s'abriter aux épaules des filles.
Mais la dernière des fées cherche sa baguette magique,
Mon ami, le ruisseau dort dans une bouteille en plastique.
Les saisons se sont arrêtées aux pieds des arbres synthétiques
Il n'y a plus que moi.
Et moi, je vis dans ma maison sans balcon, sans toiture
Où y a même pas d'abeilles sur les pots de confiture
Y a même pas d'oiseaux, même pas la nature,
C'est même pas une maison…