UN ENFANT ASSIS ATTEND
LA PLUIE
( Daniel Balavoine )
La braise cachée de cendre est en vie,
Comme la fleur,
Eblouie
Timidement, sort de l'ortie,
L'horizon se déplie.
En ouvrant son toit,
Le ciel enfante un soleil qui tire
La mémoire de l'oubli.
Et les yeux grands ouverts
Délivrés de la nuit,
Je sais que quelque part,
Un enfant assis
Attend la pluie.
L'enfant séché sur le sol d'Erythrée,
Les traits tirés,
Tire un trait
Sur cette terre aride et ridée
Dont il a hérité.
En refermant son toit,
Le ciel enterre un soleil qui meurt
Mais la mémoire survit.
Et les yeux grands ouverts
Prisonniers de la nuit,
Il me reste l'image
De ce corps meurtri
Qui pousse un cri.
Entend ce cri,
Entend ce cri,
Son lit de poussière a besoin de pluie.
Fleuve de pierre,
De ces yeux lunaires
Ses larmes sèches n'ont pas de prix
Tombe la pluie.
Entend ce cri,
Entend ce cri,
Son lit de poussière a besoin de pluie.
Fleuve de pierre,
De ces yeux lunaires
Ses larmes sèches n'ont pas de prix
Tombe la pluie.